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Au-delà des VIIIè Jeux de la Francophonie

« Le sport peut faire naître l’espoir là où régnait le désespoir« , disait Nelson Mandela. Et l’espoir de voir se matérialiser la structuration, le développement et la professionnalisation de la filière du sport en Côte d’Ivoire est en train de prendre forme. La Côte d’Ivoire accueille la 8è édition des Jeux de la Francophonie, qui se déroulera du 21 au 30 juillet prochain. Abidjan sera pour l’occasion, dix jours durant, la capitale mondiale de la Francophonie. Cette édition placée sous le signe de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, s’inscrit particulièrement dans un projet de développement et de renforcement de la cohésion nationale pour le pays hôte. Ce sont 4000 athlètes francophones, venus des différents continents, qui feront montre de leurs talents sportifs, artistiques et culturels.

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Au-delà de ce rendez-vous international de la jeunesse francophone, l’organisation de ces 8è Jeux de la Francophonie, a des allures de test grandeur-nature pour le pays qui accueillera la Coupe d’Afrique des Nations 2021, le plus grand événement médiatico-sportif du continent africain. Et dont les principaux chantiers ont été lancés ou sont en cours de lancement. Le pays va se doter de 6 stades de football, dont 3 seront à construire et 3 autres à réhabiliter en profondeur. Parallèlement à ces deux grands événements pour le pays de la star de football international, Didier Drogba, la Côte d’Ivoire travaille activement à la mise en œuvre de sa politique nationale des sports sur la période 2016-2020. Un vaste chantier pour aller vers le développement et la professionnalisation du sport. Cette politique nationale des sports, selon le gouvernement ivoirien, vise à faire du sport un facteur d’amélioration du bien-être des populations, de cohésion sociale, de création de richesses et de rayonnement de la Côte d’Ivoire. Le sport se perçoit donc comme un outil de développement, de croissance et de stabilité en Côte d’Ivoire.

Le coût global de la mise en œuvre de cette politique nationale des sports est estimé à 378 milliards FCFA (576 millions d’euros), dont 197 milliards FCFA (300 millions d’euros) à rechercher. Elle s’articule autour de six axes stratégiques. Notamment, le renforcement du cadre réglementaire du sport ; le développement de l’offre des infrastructures sportives ; la promotion de la pratique du sport ; la promotion de l’industrie du sport ; le financement du sport ; et enfin, le développement de l’offre de formation.

Sur la voie du développement du Sport en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire veut relever le défi du développement et de la professionnalisation du sport. C’est un fait, et c’est peu de le dire. Aussi, le ministère ivoirien des Sports et des Loisirs a-t-il initié un programme d’appui à la promotion du sport de masse et du sport pour tous (PAPMAS), en lien avec les objectifs de développement durable. Cet ambitieux programme, PAPMAS, devrait permettre le relèvement des infrastructures sportives existantes, la construction de nouvelles et surtout la sensibilisation à la pratique du sport chez populations. Le PAPMAS devrait aussi susciter la création d’associations sportives, accroître les opportunités d’insertion socioprofessionnelles des jeunes et renforcer les capacités des acteurs du mouvement sportif. Ce programme va tout simplement accélérer la démocratisation du sport. Pour ce faire, il est prévu la création dans tout le pays de parcours de santé, et d’installations sportives de proximité. Pour inciter de plus en plus d’ivoiriens à la pratique du sport. Cette mise à niveau de l’offre d’infrastructures sportives, y compris les parcours de santé, sera donc une véritable bouffée d’oxygène pour la demande de plus en plus supérieure. A côté de cela, la Côte d’Ivoire entend aussi renforcer l’offre en matière d’infrastructures sportives dans les grandes régions et plus tard sur l’ensemble du pays. Car, à l’instar des pays en voie de développement, le pays souffre du manque et/ou de la vétusté de ses infrastructures sportives. Avec ce programme d’appui à la promotion du sport de masse, les départements et régions du pays seront dotés progressivement en complexes sportifs communaux, départementaux et régionaux.

Ce programme intègre également un volet « développement du sport scolaire et universitaire » en Côte d’Ivoire. L’une des faiblesses du sport scolaire et universitaire, explique le Bnetd1 dans un rapport2, c’est l’inexistence ou la vétusté des infrastructures sportives scolaires. C’est pourquoi, dans la mise en œuvre de sa politique nationale des sports, l’Etat ivoirien entend renforcer l’offre d’infrastructures sportives scolaires et surtout construire des Lycées sportifs, dont le tout premier devrait être réalisé à Bouaké, dans le centre du pays.

JF CIV

Sport, rénovation urbaine et développement

Avec le projet de rénovation urbaine d’Abidjan, le sport devrait avoir une place de choix dans ce dispositif d’aménagement urbain. Car, pourrait-on vraiment parler d’Abidjan Ville durable sans ce volet sport ? Il est temps de repenser les choses et rectifier le tir dans la droite ligne des ODD. Car, le sport traverse le temps. Le sport, c’est l’avenir. C’est aussi pour cela que la Côte d’Ivoire qui ambitionne toujours d’être un pays émergent à l’horizon 2020, s’est résolument engagée sur la voie du développement du sport. Parce qu’elle a compris que « le sport, dans toutes ses composantes, est à la fois un vecteur de cohésion, d’insertion sociale, de santé, d’éducation, d’emplois et de développement économique. C’est également un levier de rayonnement pour le pays sur le plan international ». C’est aussi et surtout pourquoi, le Programme National de Développement de la Côte d’Ivoire place le sport au cœur de sa politique de développement sur deux volets fondamentaux que sont: les infrastructures sportives de proximité et l’activation de la filière économique et sociale du sport.

D’ici à 2020, la Côte d’Ivoire sera un vaste champ d’opportunités pour son développement via le sport. Il est donc temps de chausser les crampons et accompagner ce pays dans ce vaste programme de développement par le sport.  En espérant que les autres pays africains lui emboîtent le pas et s’activent pour mettre en place chacun une politique nationale de développement du sport.

(1) Bureau national d’études techniques et de développement
(2) Rapport sur la professionnalisation du Sport en Côte d’Ivoire : Stratégies de développement et programme d’actions 2016-2020