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Régis Charpentier, Président winwin Afrique: « Nous voulons apporter notre expertise au développement du sport en Côte d’Ivoire »

Invité lors du Forum sur le financement du sport, tenu à Grand-Bassam du 12 au 14 juin 2017, Régis Charpentier, président de Winwin Afrique, donne sa vision sur les stratégies de développement du sport et les objectifs assignés à sa structure qui entend accompagner aussi bien les décideurs publics que fédérations sportives, comités olympiques dans les projets de développements par le sport, impliquant l’éducation, la santé, la paix et le développement économique.

Pourquoi  avoir choisi ce positionnement sur le sport ?

Nous œuvrons dans le domaine du sport depuis plusieurs années, et particulièrement sur le sport et le financement depuis 20 ans. Nous nous sommes positionnés sur le développement du sport, notamment en Afrique, parce qu’il y’a des sources et modèles de financements; et une expertise qu’on pense pouvoir apporter en accompagnant les pouvoirs publics (institutions, ministères, fédérations sportives…) dans les pays dans lesquels nous sommes implantés.

Vous étiez récemment en Côte d’Ivoire. Qu’en étaient les motivations ?

Pour le moment à Abidjan (Côte d’Ivoire), nous travaillons avec deux ministères. Le ministère de la Solidarité, de la Femme et de protection de l’Enfant, dans le cadre du Programme national de cohésion sociale (Pncs). Il s’agit d’utiliser le sport, à travers divers projets, pour renforcer la cohésion sociale dans le pays. Nous travaillons également avec le ministère des Sports et des Loisirs, avec lequel nous avons signé une convention cadre très large, notamment sur le développement du sport de masse, et du sport scolaire et universitaire.

La question du développement du sport a toujours été une préoccupation, voire un casse-tête pour les décideurs publics. Comment comptez-vous trouver une réponse à cette question épineuse ?

Nous étions à Grand-Bassam (ville balnéaire, au sud de la Côte d’Ivoire), dans le cadre d’un forum sur le financement du sport, à l’initiative du ministre des Sports et Loisirs, monsieur François Amichia, qui a eu cette volonté de réunir des acteurs de différents secteurs et expertises. Les ministères, les entreprises, les associations et mouvements sportifs, les experts internationaux… Nous avons  travaillé sur les types de ressources à mobiliser afin de développer au plan national le sport en Côte d’Ivoire. Notre expertise c’est notamment d’aller chercher des financements au-delà des budgets de l’Etat, auprès d’autres acteurs comme les bailleurs de fonds, les banques de financement, des Agences de développement… Nous avons aussi une expertise sur le  marketing auprès des entreprises, pour qu’elles s’associent à ces projets en terme de marketing et d’image. Nous souhaitons aussi ouvrir les financements aux fondations qui travaillent sur les programmes de santé, d’éducation et de cohésion sociale.

Comment comptez- vous impliquer l’opinion publique ivoirienne dans cette démarche « winwin » que vous dites inclusive ?

 Le côté inclusif et participatif est au centre des démarches. Elle n’est pas forcément à l’origine de la démarche mais elle est centrale. Dans un premier temps Winwin se met au service des institutions, ministères, fédérations et autres comités olympiques, en se plaçant sous leur mandat. Nous travaillons en fonction des priorités et des programmes de ces institutions. Ensuite, un des facteurs-clés du succès pour arriver au financement des programmes c’est la participation des populations. On ne peut pas y arriver, si les populations locales ne sont pas directement impliquées dans  les projets sur lesquels nous sommes mandatés. Et cela se  passe de deux manières.

Une première phase consiste à réaliser les études de faisabilité de ces programmes. Pendant nos études, nous faisons des appels à projets pour sourcer des partenaires qui pourront, demain, participer à la mise en place des programmes à mettre en oeuvre. Il est très important pour ces mêmes bailleurs, que les populations soient associées à la réalisation et à la réussite des projets.

« Nous pensons que le sport est un véritable vecteur d’éducation, de cohésion sociale, de développement économique et durable »

La Côte d’Ivoire s’inscrit dans un processus de développement et de professionnalisation  du sport. Selon vous quels devraient en être les principaux piliers ?

Nous ne sommes pas à la place des ministères ou des fédérations. Nous ne déterminons pas les politiques de sport. Nous étudions les moyens qui peuvent permettre d’aller chercher des ressources. Et dans cette quête de moyens, nous suivons les recommandations du Comité international olympique de mettre le sport au service de la société. Nous pensons que le sport est un véritable vecteur d’éducation, de cohésion sociale, de développement économique et durable. Notre expertise, c’est de proposer des solutions pour mettre le sport au service de ces grandes causes nationales et d’assurer une exploitation durable des projets.

Une convention a été signée, au mois de juin dernier, entre winwin Afrique et le ministère ivoirien des Sports. Quels sont les projets phares de ce partenariat ?

Cette convention concerne notamment deux projets d’envergure du ministère ivoirien des sports. Le premier projet, c’est le Programme d’appui et de promotion du sport de masse et du sport pour tous (PAPMAS). Et le second projet, c’est le développement du sport scolaire et universitaire, avec la construction notamment d’un Lycée sportif. Mais de façon générale, nous travaillons sur le financement des programmes d’infrastructures. Des infrastructures de proximité aux infrastructures d’envergure, comme les grands stades. Nous travaillons également sur une cartographie des besoins, devrons dégager une politique de recherche des ressources pour satisfaire ces objectifs.

« La Côte d’Ivoire est un terrain de sport formidable avec une histoire et des opportunités de développement reconnues par tous »

 

Pourquoi le choix de la Côte d’Ivoire ?

Il y a énormément de raisons. Pourquoi la Côte d’Ivoire en premier ? Puisque nous sommes également présents au Mali, bientôt au Kenya et au Maroc. Nous sommes au service du développement du sport en Afrique, via des projets inclusifs qui prennent en compte les facteurs éducation, santé, développement économique, paix et cohésion sociale. Il y’a des dirigeants qui voudraient aussi nous voir en Guinée-Bissau et au Burkina. Mais nous sommes venus en Côte d’Ivoire. Et cela pour trois raisons. La première, c’est que la Côte d’Ivoire est un terrain de sport formidable avec une histoire et des opportunités de développement reconnues par tous.  Il y’a des infrastructures et déjà une volonté des fédérations et du ministère qui est peut-être plus marquée qu’ailleurs, de faire du sport un outil de développement pour le pays. La deuxième raison, c’est qu’un de nos partenaires est l’organisation internationale de la Francophonie. Et que dans quelques jours (du 21 au 30 juillet 2017), la Côte d’Ivoire accueille les 8è Jeux de la Francophonie. Nous avons jugé intéressant de mettre ces problématiques de sport au service de la société en lumière, au moment où vont se dérouler les jeux de la Francophonie. Et puis, s’il y avait une dernière raison, c’est l’agenda très ambitieux que la Côte d’Ivoire veut développer pour les années à venir. Par exemple, l’organisation la Coupe d’Afrique des Nations en 2021.

« Il y’a une très forte volonté du gouvernement ivoirien de mettre le sport au service du développement »

 

 Que dire quant à votre nouveau champ d’actions ?

Je suis très heureux de la coopération qui s’engage et du travail extrêmement sérieux qu’on a fait pendant un an pour arriver à cette coopération avec le ministère ivoirien des Sports et des Loisirs. Je pense comme me le disait monsieur le Ministre, que rien n’arrive par hasard. Il y’a une très forte volonté du gouvernement ivoirien de mettre le sport au service du développement. De notre côté, nous sommes très motivés pour ouvrir une voie qui pourrait être un exemple pour le continent. Nous souhaitons voir aussi la mobilisation du grand public, des associations sportives sur les appels à projets, qu’ils peuvent commencer à regarder sur notre site internet www.winwinafrique.com. On aura besoin de la participation de tous et du soutien des populations sur ces programmes.

Interview réalisée par Sylvain Dakouri, Le Nouveau Courrier (Côte d’Ivoire), n°1644 du Lundi 10 juillet 2017.